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vendredi 24 juin 2022

Nettoyeur

Viré. Du jour au lendemain. Comme dans les films américains. Sauf que là, c'est vrai et c'est lui. Julien s'y attendait un peu mais c'est pas pareil, le pressentiment vague d'une catastrophe et la violence cruelle, ce coup de téléphone à la voix doucereuse : « Ça m'ennuie de gâcher vos vacances mais il va falloir qu'on arrête votre collaboration... » Une petite phrase sans mot compliqué et la messe est dite. Quinze ans de services, plus ou moins loyaux certes, mais quinze ans quand même, balayés par ces mots, une vie de travail envolée, disparue de la mémoire collective. C'est comme si on l'effaçait lui et tout ce qu'il avait bâti, tout ce qu'il était, tout ce qui faisait qu'il existait. Griffé, raturé. Pire : gommé, rayé. Un héros virtuel supprimé de la mémoire, un avatar qu'on scratche de la base de données.

D'abord, pourquoi ce connard a besoin de lui téléphoner pendant ses congés alors que de toute façon ils ont rendez-vous deux jours plus tard ? Il est vraiment vicieux. Un pervers, ce mec. Il imagine peut-être que cela va le déstabiliser mais là il se plante : Julien est prêt à en découdre. En plus, il est laid, ce mec, petit, gras et gros, le regard fuyant, la voix à peine audible. Quand vous êtes en face de lui, il vous regarde de biais, perplexe comme un boucher devant la carcasse de bœuf qu'il s'apprête à découper sans savoir par quel bout commencer. « Le Nettoyeur » on l'appelle dans la boîte. Il laisse entendre qu'il a été para mais c'est bidon comme tout ce qui émane de lui. Il n'a pas la carrure. Quand il vous tend mollement la main, c'est une anguille poisseuse qui vous crème la peau, un truc vraiment dégoûtant, on a envie tout de suite de se purifier, il faut se retenir pour ne pas cracher dans ses mains, les frotter et les essuyer contre le pantalon.

La rencontre a lieu à heure dite. Il n'y aura pas de scène, rien que du triste et du banal. Quand Julien quitte le bureau du Nettoyeur, la secrétaire, une copine avec qui il a un peu couché dans le temps, le regarde les yeux mouillés :

- Laisse tomber, Francine, dit-il doucement en lui prenant la main.

- C'est vraiment un sale con, murmure-t-elle

- Oui, dit-il.

Et il s'en va le dos droit l'air digne.

Mais les jours suivants, la fureur le gagne progressivement et il sait ce qu'il va faire. Le dernier jour, il jette tous ses dossiers en vrac par terre dans son bureau, pour un peu il aurait mis le feu s'il avait eu une allumette, il dit au revoir rapidement à ses collègues médusés, il prend ses affaires de moto, blouson, casque et gants et il monte au 8e.

- Il est seul ? demande-t-il à Francine

- Oui, mais... Tu n'as pas rendez-vous, répond-elle inquiète.

- Ça va pas être long.

- Oh mon Dieu, dit-elle en se levant.

Il toque et entre sans attendre. L'autre, assis à son bureau, des papiers épars devant lui, le regarde comme s'il n'existait pas, une de ses spécialités et pourtant ce n'est pas facile de rendre quelqu'un transparent :

- Mouais ?...

- Je viens vous dire au revoir, dit Julien en restant debout devant lui, le casque à la main qu'il tient négligemment par la bride de mentonnière.

En poussant un soupir, l'autre se lève. Quand il est face à lui, Julien fait un moulinet brusque avec son casque tenu à bout de bras, il le fait de toutes ses forces, en visant la figure. Il entend un grand cri et un gros crac, l'autre se plie, la gueule en sang, il se prend le visage à deux mains en pleurnichant :

- Mais il m'a cassé le nez, le con ...

Au moment où il tombe, Julien lui balance un deuxième coup de casque encore plus violent que le premier et cette fois il lui explose les dents. Par terre, poupée cassée, rouge de sang, le type geint, il tend les bras pour se protéger.

- Oh mon Dieu, dit Francine sans bouger, les yeux effarés, les deux mains collées sur les joues.

- Tu as vu ? dit Julien en se retournant vers elle.

- Oui, j'ai vu...

- Qu'est-ce que tu as vu ?

- Je ne sais pas... Il a glissé, je crois et il s'est cogné sur le coin de son bureau.

- Oui, c'est ça, dit julien. Appelle le Samu. On dirait qu'il s'est fait mal.

Julien embrasse la fille et part sans se retourner. Personne n'entendra jamais parler de cette histoire et sa vie continuera ailleurs.


jeudi 25 février 2010

L'érotisme, c'est toujours le regard de l'homme sur la femme

"Spécial érotisme" (soi-disant) dans le magazine culturel BSC News.

Résultat: tous les archétypes, en tout cas dans cette photo de Glenn Michel (le photographe pas la femme)

C'est la femme qui est érotique.
Elle est soumise, à genoux.
Mais elle est aussi sauvage, avec sa chevelure de lionne
(sous-entendu la garce!)
Elle est de dos, une inconnue.
Elle est une forme, pas une âme.
Et le plus beau des archétypes: la femme terre de contraste, noir et blanc.

... Il y a encore du chemin à faire dans le regard des hommes...

mardi 23 février 2010

Manifeste pour une révolte tranquille

Ras le bol de tous ces gens qui se la pètent.

Au début, on se dit c’est pas grave, un défaut de jeunesse, ça leur passera, il en faut des mégalos et des bavards, ça fait avancer le schmilblick, faut pas être un enfant de chœur pour motiver les mercenaires dans ce struggle for life permanent qu’est la vie du business et de la société.

Mais, au bout de quelques années à observer ce même spectacle désolant, ce gâchis incroyable, cette prédominance des incompétences diplômées, le petit cirque de ce minuscule et ridicule Clochemerle qu’est la France des affaires, de la politique et des médias, on finit par en avoir marre.

C’est Sarkozy qui a été la goutte d’eau, c’est ce qu’il est d’ailleurs, une goutte d’eau dans l’océan de l’histoire, faudrait lui dire. Mais il n'est que le représentant de la nouvelle élite, faite de marionnettes hystériques, agitées par les courants de passage, reniflant le vent dominant, des pantins sans la moindre grandeur, qui secouent le mot « réforme » comme une vieille outre dont ils ne tirent que des pets foireux.

Qu’on en soit arrivé à ce point-là de la désolation des idées et du manque d’envergure, packagés dans une communication aussi vide qu'entropique, est une constatation qui d’abord me navre puis me révolte.

Non, ce n’est pas possible ! Ce n’est pas ce monde-là que j’ai envie  de laisser à mes enfants, on n’a pas vécu ce qu’on a vécu, espéré ce qu’on a espéré, fait ce qu’on a fait, pour en arriver là.

Les rêves doivent rester les plus forts, l’intelligence et le cœur à nouveau se mêler : la famille, l’école, l’entreprise sont d’abord des lieux de vie et de frottement humain dont peuvent jaillir des étincelles d’absolu.

Il suffit de se révolter tranquillement, partout, chacun à sa place et pas forcément par une énième grève déclenchée par des syndicats en perte de vitesse, dépassés eux aussi par les évolutions des mentalités.

Regarder droit dans les yeux les aficionados de la langue de bois et leur dire : « C’est pas bientôt fini votre cinéma ? On peut parler de la vraie vie maintenant ? »

Mettre gentiment à la retraire les vieux sénateurs, les vrais, bardés de bleu-blanc-rouge, et tous les autres, les petits chefs de tous nos Landerneau : ils n’ont pas forcément démérités mais ils en ont surtout bien profité.

Mettre en scène les jeunes, les fous, les poètes, que les femmes demandent les hommes en mariage, que des entrepreneurs deviennent très très riches sur des idées nouvelles, et les salariés aussi, rien que pour montrer que c’est possible, qu’on essaye tout, d’abord et qu’on fasse le bilan ensuite.

Je veux de l’amour et de la joie au milieu de l’effort, de la sueur et du rire, je veux bien qu’on se donne la main mais je veux surtout des bras ouverts sur le monde et des regards levés ensemble vers toutes ces planètes qui nous fuient depuis qu’elles ont compris notre insignifiance.

Ca les fera peut-être revenir et alors a lumière du soleil en sera différente.

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lundi 22 février 2010

La Voie

Homme libre et faible voici enfin ta voie

Dénuée de poussière et d’ortie
Écoute l’oracle guidé par l’amour
Assieds-toi un instant près de moi
Calme ton cœur qui bat trop fort
A courir après l’informulé

Viens tu peux déposer tes larmes et ton désir tragique
Mon ami mon frère écoute-moi
La vérité que tu cherchais était là
Proche de toi mais tu ne la voyais pas
Arbre décharné tes branches nouées
Retourné en-dedans tel un phare à l’envers

Alors voici

Commence par te frotter à l’homme au lieu de le fuir
Nourris-toi du fond de ses regards fiers
Et c’est ainsi que naîtront tes nouveaux désirs
Ton âme blottie dans la chaleur des autres

Ensuite cherche dans toute chose sa beauté
Mais loin au-delà d’elle nichée quelque part
En haut d’une montagne derrière un nuage
Un coin secret que tu découvriras émerveillé
Et ce sera ton jardin mystérieux éternel

Enfin demeure en tes mots avec la chair et non l’esprit
Tu es le temple de ta poésie
Seule vérité possible elle est la voie
Elle est la clé qui ouvre toutes les portes

Mon ami mon frère
Je ne te parle pas de bonheur ni de plénitude
Je te parle simplement de ta vie
Et de sa vraie richesse
Un sourire de pleine lune
Dans la nuit de tes doutes

Marche

vendredi 4 décembre 2009

C'est elle!



La voici, elle est venue, elle est là, derrière ma porte.
(photo prise avec un iPhone)

mardi 27 octobre 2009

L'enfant dort

On a tous envie d'être, à nouveau, cet enfant-là, emmitouflé, qui dort avec application parce qu'il sait profiter des bons moments. Le rayon de soleil hésite à le déranger, il ne veut pas brûler cette paupière si bien fermée. Les couvertures retiennent leur respiration de peur de se déplisser et que l'enfant se réveille. A quoi pense-t-il? Comment sont ses rêves? Ne voit-il que des petits anges blancs souriants? N'entend-il qu'une musique douce, la berceuse que sa mère lui sussurrait quand il était dans son ventre? Quelle est donc sa vision d'un monde idyllique? Si seulement il pouvait nous la faire partager, que l'on retrouve ne serait-ce qu'un instant, notre âme d'enfant!

lundi 26 octobre 2009

J'adore Jim Harrison

J'adore Jim Harrison, sans doute parce que je n'arriverai jamais à écrire des histoires comme lui. Dans "Légendes d'automne" (1985), qui reste l'un de ses meilleurs livres, les premiers personnages qu'il met en scène dans la première nouvelle ("Une vengeance") sont un type en train de se vider de son sang dans le désert et les coyotes et les vautours autour de lui qui attendent patiemment l'heure du repas. Difficile de faire mieux pour donner le ton dès le départ! Mon prochain livre, un polar, commence, pour l'instant par "Toc,toc, toc.." Pas mal non pour un début?

mardi 20 octobre 2009

Les votes de Dieu et du Diable

L’autre jour, je demande à Dieu pour qui il a voté aux dernières présidentielles.
- Sarkozy, me dit-il.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est le seul qui me l’a demandé.
- Mon Dieu, vous voulez rire. Et Bayrou, il ne va pas à la messe, lui ?
- Si, mais il ne pense qu’à ses chevaux. Il se prétend éleveur alors qu’il n’a que deux vieilles poulinières rassies.
- Ségolène, famille nombreuse, fille de militaire, tout le tintouin, elle, elle vous parle forcément.
- Oui mais je ne l’écoute pas, elle ne s’est pas mariée à l’église. J’ai encore quelques principes, nom de moi !
- Bon, alors Le Pen, Jeanne d’Arc, la messe en latin, ça par contre, ça doit vous plaire.
- J’avoue que j’aurais un petit faible si, malheureusement, il n’y avait pas chez lui une forte odeur de souffre.
- A propos, le Diable, vous savez pour qui il a voté ?
- Allez donc lui demander, je ne suis pas son commis, quand même !
Je me rends chez le Diable : comme d’habitude, ça sent bon chez lui - que diable, il est toujours en cuisine -, un poulet aux olives et aux herbes de provence. Il débouche un haute-faucherie 1989. Après un excellent repas, on allume un cigare, un verre de vieille prune de Souillac à la main, on se renfonce dans les fauteuils cuir.
- Blanc, dit-il au bout d’un moment.
- Quoi ?
- J'ai voté blanc, c’est ce que tu es venu me demander, non ?
- Et pourquoi blanc ?
- Parce que c’est une couleur qui m’est normalement interdite, un règlement à la con imposé par Dieu. Alors, là, j’en profite !
Et il éclate d’un rire sardonique qui enfle, qui fait péter tous les murs, le feu se répand comme la poudre, j’ai chaud, je brûle, je hurle…
Et je me réveille, en sueur. Aux prochaines zélections, je voulais voter blanc mais, finalement, je vais réfléchir…

lundi 12 octobre 2009

Souvenirs d'enfance, un livre-objet sur la nostalgie des sixties, en France

Les Editions Ouest-France ont eu le culot de publier ce beau livre-objet, de François Bertin, rempli de photos et souvenirs d'enfance, au sens propre. Bon, il a mis un peu de temps pour parvenir jusqu'à moi puisqu'il date de 2007! Mais le passé qu'il évoque n'a pas changé... J'adore ces images du mange-disque ou de la machine à coudre Singer, la pendule Art Déco de la cuisine... Et puis, surprise, au détour d'une page, une pochette de photographe avec de vieilles photos dedans, un calendrier rubgy de 1957 (ils ne posaient pas à poil à l'époque) et même un billet de 10 000 francs dans un portefeuille en simili-cuir! Je suis épaté par le travail d'enquête et par la réalisation qu'a nécessité ce libre.

jeudi 8 octobre 2009

L'orgueil contre la paresse

Pourquoi te lèves-tu le matin? A part l'envie de pisser, qu'est-ce qui te pousse ainsi à bouger? Moi, mon plus grand bonheur, une fois le café avalé au lit, est de me rencogner sous la couette. Je tente alors désespérément de retrouver mes rêves là où je les avais laissés. Tiens, cette nuit, j'étais en stage avec un groupe de jeunes femmes et d'hommes; on nous emmène dans un vestiaire où il faut se déshabiller et prendre sa douche, ensemble… Ding! C'est là que le réveil sonne!... Je ne saurai jamais la suite. Ni d'aucun de mes rêves sublimes et passionnants. Bien sûr, comme tout le monde, j'ai volé des heures durant au-dessus des toits et des campagnes et c'était plutôt agréable. Je suis tombé souvent dans des trous sans fin, je hurlais et c'était horrible. Je me suis retrouvé tout nu dans la rue et c'était … bizarre. Mais le réveil sonne, toujours. Il faut se lever, bouger, partir. Réincarné, je serais un lézard, c'est sûr
En attendant, "chaque matin, le soleil se lève pour les autres" comme dit si bien Lautréamont. Il faut y aller, vers son destin du quotidien. Et le plus étonnant, c'est que sans haine et sans passion, j'y vais quand même. J'espère peut-être en secret que la comète s'écrase, que le sol se déchire, que je gagne au Loto sans jamais y jouer. Mais il ne se passe jamais rien de ce genre et je continue quand même à bouger.
Dans une ultime réflexion sur moi-même, l'autre jour, j'ai enfin compris pourquoi: malgré l'évidence mille fois répétée, malgré le passé et l'histoire, malgré tous les échecs et toutes les frustrations, et aussi dingue que cela puisse paraître, je me crois encore pas tout à fait inutile. J'imagine dans ma folie égotique apporter une pierre essentielle à l'édifice. Je crois exister quand même, grain de sable oui, mais roseau pensant aussi et cette tige si faible c'est moi et personne d'autre. Et ce moi qui m'exaspère c'est aussi celui qui me fait avancer.
C'est donc bien l'immensité de mon orgueil qui fait bouger la lourdeur de ma paresse. Je suis né avec: j'étais si bien dans le ventre de ma mère et il a fallu que cette lumière et ce bruit m'attirent, comme s'ils m'appellaient. Ce malentendu original est ma croix. J'ai cru qu'on me voulait, ailleurs, et j'y suis allé. Mille fois j'en suis revenu, dépité. Mille fois, j'y suis retourné.
Chaque matin, je me lève quand même, après de longues hésitations, parce que je me dis que le monde a besoin de moi. Et il suffit d'un sourire pour que je le croie!...
source photo

vendredi 2 octobre 2009

Littérature quantique

J'aimerais que la littérature sache évoquer les ondes que nous sommes, qu'elle parle davantage de relations que de matière, qu'elle privilégie la sensation sur l'histoire, le sentiment sur l'événement, qu'elle soit un rire, un sourire, un regard. J'aimerais qu'elle écrive le futur antérieur plutôt que le passé simple, qu'elle décrive un univers anormal, complexe et riche, qu'elle soit l'ADN de l'âme. Je voudrais qu'elle dessine une main tendue entre les hommes, qu'elle construise une passerelle de lianes fragile plutôt qu'un barrage hydraulique en béton. Je voudrais qu'elle soit le vent de la terre.
On peut toujours rêver.
Oui mais on peut toujours l'écrire.
L'univers est en expansion. Que la littérature le soit aussi.

jeudi 1 octobre 2009

Roman autobiographique, oxymore ou pléonasme?

Les gens qui me connaissent croient tous que je parle d'eux et de moi dans mon livre 100 mots ou presque. Parfois, on frise le drame: une nouvelle parle de cancer et tous mes amis qui en ont un ou qui en ont eu un (et malheureusement j'en connais beaucoup et heureusement beaucoup s'en sont sortis) s'imaginent qu'il s'agit d'eux. Alors quand le héros dit "pas de rémission",  imaginez le désastre! Donc à tous mes amis malades ou en bonne santé, je dis: ce livre est un roman, un livre de fiction, lisible y compris par les gens qui ne me connaissent pas, cela fera un peu plus de monde d'ailleurs. Bien sûr, c'est mon premier roman et on sait bien qu'un auteur pour son premier ouvrage puise dans son passé et son expérience. Mais j'ai tout imaginé car ce que je veux, ce que j'aime, c'est créer des personnages et des situations. Souvent le point de départ est infinitésimalement vrai mais ensuite je pars en voyage, mes voyages à moi, dans ma tête. Par exemple: dans la nouvelle "Cinéma", le héros croit assister à un meurtre et sa vie en est changée. Au risque de vous décevoir, cela ne m'est jamais arrivé: la seule chose vraie dans cette histoire, c'est que moi aussi je fais de la moto!

lundi 28 septembre 2009

Making of d'un livre : dialogue sur l'amour

Il y a 85 nouvelles dans "100 mots ou presque" mais comme je l'explique ICI, j'en avais écrit bien plus de 100 puis j'ai fait un tri. Horrible et douloureux travail!
Et depuis, j'en ai écrit d'autres qui auraient pu en faire partie.
Comme ce texte : "Dialogue"
- J’ai adoré faire l’amour avec vous.
- Moi aussi.
- C’était quoi, notre relation ?
- Quelque chose de très fort. L’envie, la pulsion totale, le désir, la chair de poule, la même attirance ressentie au même moment.
- Oui, c’était exactement cela. Animale, quoi.
- Et pourquoi s’est-elle terminée ? J’aurais aimé continuer, moi.
- Pas moi.
- Pourquoi ?
- J’avais peur d’être trop attirée et puis on tournait en rond avec nos rendez-vous cachés, il ne se passait rien en-dehors de ces moments-là.
- Oui, c’est vrai. Mais ces moments-là, comme vous dites, je m’en souviens encore…
- Mais moi aussi, que croyez-vous ? J’y pense souvent.
- Vous y pensez comment ?
- Avec nostalgie… Vous étiez doux.
- Vous aussi, vous avez la peau incroyablement douce, je la sens encore au bout de mes doigts...
- Ne parlez pas au présent, s’il vous plait.
- Ah bon, vous avez changé ? Vous n’êtes plus la même ?
- Je ne serai pas la même si je n’avais pas changé.
- Vous ai-je dit que je n’ai plus jamais connu de tels moments ?
- Vous ne m’avez rien dit puisqu’on ne s’est pas revu jusqu’à aujourd’hui.
- Une histoire de sexe alors et puis c’est tout ?
- Il y avait le sexe, aussi.
- Et c’était bien.
- Oui.
- C’était très fort, très profond.
- Taisez-vous ! Laissez-moi seulement le souvenir de votre regard tendre, le reste s’efface.
- Vivre de souvenirs, c’est un peu frustrant.
- Cela vous fait du bien, la frustration, à vous les hommes. Vous avez trop tendance à vous croire en terrain conquis dès le premier sourire. Apprenez-donc la patience et la modestie.
- En matière de modestie, je ne crains personne.
- Ah oui, l’humour, c’est vrai !... Vous me faisiez bien rire…
- Avec les femmes, le rire est toujours un bon prélude.
- Prétentieux !
- Je n’y peux rien, l’esprit de dérision fait partie de moi, il m’aide à survivre.
- Vous voilà bien grave tout à coup.
- N’ayez crainte, ce n’était qu’un coup de blues en vous revoyant si belle et lumineuse.
- Merci.
- Au revoir, alors ?
- Adieu.

dimanche 27 septembre 2009

monversailles.com parle de mon livre

Un article sympa sur mon livre entre deux news:  celle d'avant parle du cadavre d'une jeune fille de 23 ans découvert dans la résidence "Grand Siècle et celle d'après de l'opéra royal du château de Versailles qui rouvre enfin ses portes après deux ans de travaux (peu importe le spectacle, ça vaut le coup d'y aller rien que pour la déco incroyable!); donc entre ces deux news: la mienne
A part ça, j'adore ce côté proprio des adresses web comme "monversailles.com".

vendredi 25 septembre 2009

Quelques mots sur mon livre, par Daniel Cohen, directeur de la collection Ecritures de L'Harmattan

[extrait du discours prononcé à la présentation de l'ouvrage le 7 septembre 2009]
"En ce qui me concerne, le style d’un texte envoyé par la poste est le facteur déterminant d’une première prise d’intérêt. Je reprends ici une phrase de Flaubert : « j’estime par-dessus tout d’abord le style, et ensuite le vrai » ; puisque le vrai est subjectif, il n’aura de sens et de force que s’il est dit avec les moyens qu’il se donne. Et c’est pourquoi, sur les 200 manuscrits que l’on m’expédie chaque mois, je ne choisis que celui des livres qui se rapproche le plus de la citation susdite. Parfois, mon marché se résumera à quelques textes ; plus régulièrement à rien. Je motive mes refus et espère, si j’ose, de meilleures fournées.
Bref, me parvinrent ces Cents mots ou presque de Luc Fayard, et je pris plaisir, de conte en conte, à retenir les cent choses de la vie ; quant à l’adverbe « presque », je ne le pris pas pour un chiffre indéterminé, mais comme le complément de ce que le titre suggère au moins en filigrane ; c’est vrai, en cent mots on peut dire la vie… ou presque ! Nous avons donc devant nous comme un dictionnaire, un vade mecum de l’homme contemporain, avec ses amours, ses névroses, ses attachements, ses compagnons humains et animaux, ses mots-valises, bref ce qui se décline dans notre vie sociale et affective. Cent histoires, rarement pathétiques, le plus souvent drôles et qui ensemble, quoique de manière éclatée, tel un puzzle, dressent le portrait d’un homme d’aujourd’hui, dans une France d’aujourd’hui.
Je sais peu de choses de Luc Fayard sinon ce qu’il a bien voulu nous dire en quelques lignes lorsque nous lui avons demandé de composer une petite biographie, en vue de la fabrication de la couverture de son ouvrage.
Je suis moi-même écrivain et suis toujours en éveil devant des écritures qui ne ressemblent pas à la mienne. C’est pourquoi j’avais trouvé son manuscrit attachant. J’aime les écritures simples, directes, claires et qui savent, précisément, par ces qualités, créer un climat ; en cent historiettes, nous avons, au bout, un roman en cent chapitres. Le désordre est en vérité un ordre précis, puisqu’il répond à l’ordonnancement de l’alphabet."[...]

jeudi 17 septembre 2009

Bécot de chevaux

Deux hongres dans le même pré. Ils se font la bise mais ils se mordent aussi!

lundi 14 septembre 2009

Daniel Cohen discourt sur la littérature française

A ma séance de signature, le directeur de la collection "Ecritures" de L'Harmattan, Daniel Cohen (c'est lui qui a choisi mon manuscrit), se lance dans un très beau discours sur la défense de la littérature française et la liberté des éditeurs.

Revue de presse: un article sympa dans manews.com

Andrée Muller signe un joli petit article sur mon livre: manifestement, elle l'a lu et il lui a plu. C'est agréable!
Seul défaut: elle l'a rangé dans la catégorie "Informatique et logiciels", sans doute parce qu'il n'y a pas de rubrique "Livres" apparemment sur ce site (c'est terrifiant, un tel oubli...) et qu'il y a peut-être sur les 85 nouvelles, deux ou trois qui parlent de technologies...
a lire sur le site manews.com (accès sur inscription gratuite)

jeudi 10 septembre 2009

Ode à un porche gris

Les années l’ont vieilli et il s’en fout. Il a du en voir passer, ce porche, des courtisanes et des dandys, des maque- relles fardées et des spadassins masqués ! Combien de couples d’amoureux se sont cachés derrière lui le temps d’un baiser? Derrière l’œil-de- bœuf éclairant faiblement une soupente, le front appuyé suy la vitre, combien de jeunes filles pauvres ont soupiré sur leur vie ? La porte fière renforcée par ses montants majestueux vous prévient de toute sa hauteur : passez votre chemin, manants, ici ne vivent que des honnêtes gens qu’il ne faut point déranger. On ne voit plus la sonnette qui devait avertir le gardien des lieux, seul à pouvoir donner accès à la cour et aux appartements cossus, cerbère tout puissant de vos destins domestiques. Sans lui, vous restiez dehors, craintif et frigorifié. Avec le temps, le porche est devenu comme nous, gris et blanc.

Merci aux 100 amis qui sont venus à ma signature!

Je suis ému, reconnaissant, je dis un grand merci à tous ceux et toutes celles qui sont venues à la première présentation de mon livre.
Ce fut un grand moment, avec discours de l'éditeur et du directeur de collection, un plaidoyer pour le genre littéraire des "nouvelles" et tout et tout, des références à Maupassant, Flaubert, Mallarmé, excusez du peu...
Un merci particulier à l'imprimeur Jean-Paul Maury avec le stylo duquel j'ai pu signer mes dédicaces, car j'avais évidemment oublié le mien!

Et pour ceux qui en redemandent, une deuxième séance de signature est prévue:

Le Samedi 26 septembre 2009
de 16h à 19h
Libraire Imagépages (ex L'Integraal)
75, rue Royale
78000 Versailles