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jeudi 30 juillet 2009

L'élégance de la soustraction

Très joli titre emprunté à un article sur le design de la savante revue Sloan Management Review, du MIT.
Les grands désigners savent que le vrai talent c'est soustraire, enlever, affiner, dégraisser.
Les grands écrivains aussi.
Maximiser l'effet avec le minimum de moyens: jusqu'où peut-on aller?
Je pense souvent à Félix Fénéon et ses nouvelles en trois lignes ou à Fernand Raynaud et ses oranges pas chères.
On a les références qu'on peut.

mercredi 29 juillet 2009

Wild things

Train arrêté pendant 2 heures à cause d'un suicide.
- Ça arrive tout le temps l'été, me soupire un contrôleur. 4 ce mois-ci. J'vais arrêter d' bosser l'été.
- A cause des suicides?
- Ben non, à cause des retards!
Retourné à ma place, je rebranche mon iPod: Wild things, des Froggs, ça tombe bien.

Envoyé de mon iPhone

Qui es-tu quand tu dors?

mardi 28 juillet 2009

Connaissance et bonheur

Je regarde la télé sur mon iPhone dans le taxi. On a connaissance de plus en plus d'informations de plus en plus vite. Est-on plus heureux pour autant?

Envoyé de mon iPhone

Incongruences

"Je ne vois pas la mort comme une montagne de cendres mais comme un fleuve qui sort de la poitrine du mort, une barque chargée à ras bord de fleurs odorantes, une extase dans le noir, la vie à son zénith."
Lire Bobin dans le taxi des vacances , au milieu des embouteillages stressants, et envoyer ce billet dans les airs pour le publier fissa: qu'est donc devenu notre rapport au temps?

Envoyé de mon iPhone

Rien à dire

Je viens de passer trois jours seul dans une maison au milieu des arbres. Stupeur du silence. A la fin, j'étais dérangé par un froissement d'ailes de pigeons, le vent dans les frondaisons. Comme une invitation à s'envoler. Avec dans les mains, en point d'orgue, le dernier opuscule de Christian Bobin Une bibliothèque de nuages : "Je dépose la vieille montre de mon coeur chez Jean-Sébastien Bach. Quand je la reprends elle est comme neuve et sonne toutes les secondes."
Bon, je suis resté sur terre, il faut bien.

dimanche 26 juillet 2009

Riche noir et blanc

"Rich Black and White"...
J'aime cette expression américaine pour désigner en art graphique un noir et blanc obtenu par saturation des couleurs.
En français, si je me souviens bien de mes cours à l'École Estienne, c'est encore mieux: on parle d'un "noir quadri".

Réalisé sur (et envoyé de) mon iPhone avec les filtres ToyCamera

Court la bruyère et murmure l'ajonc

Titre superbe de cette double page, extraite d'un spécial photo de
Bretagne Magazine de 2006, tombé par hasard entre mes mains

samedi 25 juillet 2009

"20% de remise sur le Dictionnaire des Philosophes et de la Philosophie"

... Les temps sont durs pour les idées...
(c'est la dernière promo d'Encyclopedia Universalis qui espère encore vendre des livres, vous savez ces objets portables qu'on peut lire autant de fois qu'on veut sans être bloqué par des protections anti-piratage...)
Du coup, j'ai lu un article de Daniel Ramirez au Café des Phares: "Michaël Jackson était-il philosophique?" et je me suis bien marré en lisant les commentaires qui n'avaient rien à envier au café du commerce; comme dans tout forum internet, ils respectent la fameuse loi de Godwin selon laquelle "plus une discussion web dure longtemps, plus on a de chances d'y trouver des comparaisons impliquant des nazis ou Hitler"...
Très belle citation de Nietzsche en exergue de cet article, à propos de la star:
"Il faut avoir encore du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse."

Je m'arrête... et le temps aussi

vendredi 24 juillet 2009

Ont-ils levé la grosse?

C'est la question que m'a posée mon avocat à propos d'une procédure en cours. Jargon juridique à multiples sens... Je n'ai d'ailleurs rien compris à l'explication qu'il s'est senti obligé de me donner devant mon air effaré. Google me dit que c'est quelque chose comme récupérer l'original du document.
En tout cas, apparemment, "ils' n'avaient pas levé la grosse et je ne sais toujours pas si c'est bon ou mauvais pour moi, c'est ennuyeux.
Je m'aperçois que j'ai parlé dans mon livre de diverses professions : petits chef, consultant, secrétaire, architecte, romancier, serial killer... Mais pas d'avocats. Il faudra que je remédie à cet oubli dans mon prochain livre.
Au fait il est en route, c'est un polar high-tech, métaphysique et romantique...
source image : Avocats, par Honoré Daumier

lundi 20 juillet 2009

La citation du jour : art, mensonge et vérité

"L'art est un mensonge qui fait prendre conscience de la vérité."
Pablo Picasso.
Ce qui me fait penser à ce tableau de Felix Vallotton fabuleusement titré "Le Mensonge"...
On peut inclure la littérature dans cette vision.
Ou encore la psychanalyse.
Je me souviens d'une discussion avec un psy: il affirmait ne s'intéresser qu'à ce que disaient ses patients, sans se préoccuper de savoir si c'était vrai ou pas.
Ce débat infini est un des grands thèmes transversaux de mon livre...

samedi 18 juillet 2009

Mes citations préférées

Puisqu'on parle beaucoup de mots ICI, il faut les mettre en situation.
Je re-publie donc ici mon recueil de citations préférées, piochées ici et là depuis pas mal d'années.
je n'ai pas encore soigné l'interface, désolé! c'est du html assez brut...
ps: sur la version précédente du blog, il y avait une petite appli sympa qui piquait une citation au hasard et qui l'affichait; dès que j'ai un moment, ce qui n'arrive jamais, j'essaie de voir si je peux la transférer ici.
Mes citations préférées.

vendredi 17 juillet 2009

Cinq livres en 20 ans... mais je les aime !


1987-2009, cela fait même 22 ans.. Chi va piano va sano... Oui, je les aime, chacun de ses livres... Surtout le blanc au milieu: celui-là, je ne vous en parle pas, il est secret, je l'ai publié sous un pseudo à compte d'auteur chez lulu.com, j'en ai acheté un exemplaire et, aussitôt après, j'ai stoppé la vente. Il n'existe donc qu'en un seul exemplaire au monde... NB: sur ces 5 ouvrages, 2 sont collectifs.
Pendant ces 22 ans (et avant et après), j'ai écrit des milliers d'articles sur l'entreprise et sur l'informatique. Mis bout à bout et reliés dans des livres, ils tiendraient un peu plus de place que ces 5 livres (combien? il faudrait faire le calcul: "100 mots" contient environ 56 000 mots; un article moyen de magazine 700; j'en ai peut-être écrit 2 000 dans ma vie; total = 1,4 millions de mots écrits, publiés... et envolés! donc ça fait 25 bouquins...)
Même si je renie pas mon travail de journaliste, dont je suis plutôt fier, aucun de ces articles n'a autant de valeur que la moindre page de chacun de ces livres.

jeudi 16 juillet 2009

Pourquoi cette illustration ?

Il s'agit bien des mots qui titrent mes nouvelles.
J'ai utilisé un site web, Wordle: vous lui donnez votre propre liste et hop il vous fabrique automatiquement votre petit nuage de mots, comme un nuage de tags.
La taille de chaque mot dépend de son occurrence.
J'ai donc choisi arbitrairement de répéter les mots comme "Amour" ou "Femmes" ou "Psy" ou encore "Colère" parce que, même s'il n'y avait à chaque fois qu'une nouvelle titrée de ce mot, ces thèmes étaient pour moi un peu plus présents que d'autres dans le livre.
Tous ces mots se trouvent à la fin du livre, listés par ordre alphabétique dans une "Table des mots".
C'est dans cet ordre alphabétique que j'ai choisi de présenter mes nouvelles parce que j'y ai trouvé une certaine cohérence.
Mais, bien sûr, vous pouvez les lire au hasard du feuilletage ou en piochant un mot dans la table et en vous reportant à sa page.
On les lit comme on vit...

mercredi 15 juillet 2009

Mon premier livre... en 1987...

En fait, je n'étais qu'un modeste contributeur d'un ouvrage collectif, mais j'ai quand même écrit les trois quarts du livre! On doit trouver mon nom quelque part dans les remerciements...
"100 objets quotidiens made in France" : un livre sur le design et j'ai eu la chance de rédiger la notule descriptive de chacun de ces 100 objets mythiques.
Comme celle de la 2 CV de 1939:
"La première « Bécassine » ou « projet TPV » (toute petite voiture) n’a qu’un phare, à gauche, et pas de clignotant : la vitre est donc relevable pour qu’on puisse tendre le bras; imaginée par Pierre-Jules Boulanger, directeur de Citroën comme « une chaise-longue sous un parapluie » ; son premier moteur est celui d’une moto BMW 500 cm3. Eloge de la simplicité."
Source : « 100 objets quotidiens Made in France », Editions APCI/Syros-Alternatives, 1987

mardi 14 juillet 2009

Mon dernier livre... en 2006 : "Homo Informaticus"

Ouvrage collectif réalisé par la rédaction de 01 Informatique, avec Olivier Pardini aux manettes de la direction artistique et Christine Simha à celle de l'iconographie.
Des photos soigneusement choisies et légendées qui symbolisent l'avancée des
technologies de l'information dans la société, pendant les 40 dernières années.




Un extrait que j'aime bien:
1929 : « La Terre est bleue comme une orange » écrit le poète Paul Eluard.
1969: confirmation par Apollo 11
; cette image de la Terre se levant au-dessus de l'horizon de la Lune a été prise depuis le vaisseau Apollo 11, le 16 juillet 1969.
La région lunaire que l'on voit ici est la Mer de Smuth.
Les coordonnées du centre de la zone sont 85° est en longitude et 3° nord en latitude. (Source Google).

Pour la première fois, une mission spatiale est suivie sur écran.

Source : « Homo Informaticus », Editions 01 Informatique, 2006
.
Moralité: Le poète a toujours raison...

Il y a 40 ans entre l'intuition du poète et sa confirmation scientifique.
Et il y a 40 ans que l'homme a marché sur la Lune, bon diou!...

Et aussi tous les mots de mon précédent livre "Dictionnaire impertinent des branchés" ***

01 93 AAA Actionnaire Amazon Amour Analyste Ananova Arobase (@) Art Avatar Avenir Bande passante Barbares B2C Bios Bit(e) Bobos Bug Bug de l'an 2000 Business angel Cadre Cannabis (haschich marijuana etc.) Cash-burning Capital-risqueur Centime Centre Challenge Chat Citation Click and Mortar Cocos Cohabitation Con Conjoncture Consultant Contribuable Convergence Cookie Coopétition Création de valeur Crise Cyber Défi Démarrer Démocratie Devis DHEA Digitalité Dotcom Droite-Gauche e e-business e-krach e-mail Ebitda Ecologie Enfants Entrisme Erreur 404 ERP Euro Europe Externalisation Famille Fonds de pensions Fonds secrets Fluctuations des changes Freeware Fusac Gauche-Droite Globalisation GPS Hacker Harcèlement Haut débit High tech Hot line Implication Informatique (In)sécurité Intel Internaute Internet J2M Jésus Jeu vidéo Jeunes Jeunes des quartiers Jeunisme Journaliste Lara Croft Levée de fonds Loana Loft Logiciel Logique Mac Mainframe Manageur Mariage Marketing Marketing One To One Marketing permissif Marketing viral Media Mega (Giga Penta Tera) Micro-ondes Micro-ordinateur Microsoft Minitel Mise en examen Mobile Mondialisation Moore (loi de) MP3 Mullah Nasruddin Multimédia Napster Nasdaq Net économie Nouvelle économie NTIC Numérique Octet OGM Ordinateur Oxymore Paradigme Pas de porte Patriotisme PC PC de bureau PC de poche PDA Pédophile Pensée unique Performances Peter Drucker Piratage PME Politiquement (in)correct Portail PPDA Proactif Probabilité Procureur Profit warning Pubard (ou pubeux) Pubo-cocygien Quartier sensible Recentrage Religion Retournement RAM Recette de la dinde au whisky Recette de la dinde au whisky Résultats R.O.I. Satisfait Sexe Solutions Spam SSII Start up Stratégie Système d’exploitation Superwoman Synergie Tautologie Technologies Télé poubelle Télé réalité Téléchargement Télévision Toile Top Model Transition Travail UMTS Utilisateur final Valeur d’usage Vérité Virtuel Virus Visibilité Wap Web Webcam Win-win Windows Wintel Yoyo Zapping
*** publié chez First Editions en 2002

Pourquoi ce titre?

Dès le début, j'ai voulu écrire 100 nouvelles, chacune titrées d'un mot: donc "100 mots", le titre du livre s'est imposé d'emblée. Dans la fièvre de l'écriture, lorsque je décide enfin d'arrêter, je me rends compte que j'ai largement dépassé le quota. Je fais le tri, j'élimine, je recentre autour de Julien et Virginie, mes deux héros présents tout au long du livre. Hélas, me voilà retombé à 70 nouvelles! Je me remets à l'ouvrage et à 85, je pose le stylo (quel est l'équivalent quand on tape sur un clavier? ), c'est fini. La fatigue, la fin de l'inspiration, l'envie de passer à autre chose, je ne sais pas, mais en tout cas, c'est fini. Ce sera donc "100 mots ou presque"...
J'espère que vous n'êtes pas trop déçus! Et, pour répondre à une question souvent posée, oui, je suis sensible au jeu de mots, on peut aussi entendre "Sans mots ou presque", il faut peu de mots pour dire quelque chose. Tout ce qui tourne autour de ce thème de la concision, de la phrase courte, de l'histoire courte, tout cela fait partie de mes préoccupations, de ma sensibilité. Avec tous les auteurs et toutes les citations qui vont avec, de Flaubert à Alphonse Allais.

lundi 13 juillet 2009

C'est plus rapide peut-être chez Alapage...

Je suis d'accord... il n'est pas facile à trouver mon livre !
C'est la politique de l'éditeur... dont je ne vais pas dire du mal puisque c'est mon éditeur!...
Aux dernières nouvelles, si vous le commandez sur alapage.com, vous pouvez espérer le recevoir en quelques jours...
Peut-être que le rachat (à France Telecom) de alapage.com par Rue du Commerce va dynamiser tout cela...
Désolé de ces délais...
Commander "100 mots ou presque" de Luc Fayard sur alapage.com

mardi 7 juillet 2009

Un lien pour le commander sur le site de L'Harmattan

Ce sera peut-être un peu plus rapide que sur les autres sites web... je ne sais pas...
Commander 100 mots ou presque de Luc Fayard sur le site L'Harmattan

lundi 6 juillet 2009

Deux séances de signature à la rentrée!

- le lundi 7 septembre à 18h à Paris : à l'Espace L'Harmattan 21 bis, rue des Écoles
M° Maubert Mutualité 75005 Paris tel. 01 40 46 79 10 fax 01 43 29 86 20
- le samedi 26 septembre à Versailles: librairie L'Intégraal‎ 75, Rue Royale, 78000 Versailles, France‎ - 01 39 51 93 81‎ - de 10h30 à 13h et de 14h30 à 18h

mercredi 1 juillet 2009

Echo

Elle est partie, ne laissant dans la maison vide que l’écho de ses pas pressés, un sillage invisible (ses cheveux ondulants), les molécules d’un parfum chaud (sa peau), le souvenir d’un murmure rauque, sa voix chantante.
Elle est partie et tout s'est arrêté. Dans les vases, les fleurs ne respirent plus. Aux murs, les tableaux penchés font grise mine. Le piano ne frémit plus d’une corde. Sur les étagères, les livres s’affaissent dans la poussière. Le chat se terre sous le lit.
Mais quand reviendra-t-elle ? Remplie de ses indices statufiés, momie ébahie, la maison vide retient son souffle, elle ne vit plus que dans l’attente de son retour.
Mais quand reviendra-t-elle ?
Partout où Julien tourne son regard, il ne voit qu’elle, comme s’il n’avait jamais habité ici. Dans le salon, c’est là qu’elle s’asseyait, près de la fenêtre. Souvent, elle poussait la table pour se rapprocher de la lumière du jour. A cet endroit sur le meuble, là où se dessine encore un contour dans la poussière, trônait son petit ordinateur portable tout blanc. Il clignotait la nuit comme un phare, pour dire : « Dormez-bien, jeunes gens, je veille sur vous, vos e-mails et vos relations. »
Dans la chambre, il entend le lit gémir du jour où il s’était effondré de leurs jeux. La maison vacante est remplie des indices de Virginie, au sens linguistique, comme la fumée est l’indice du feu, la larme qui glisse sur la joue celui de la souffrance, la trace de pas sur le sable le signe de quelqu’un venu marcher là, exprès.
Pas de trace sur le parquet de la chambre et, pourtant, Julien y voit encore des pieds nus de danseuse effleurer le sol, glissant comme sur un tapis roulant. Il se souvient de l’air fendu par ces lents mouvements de tai-chi qu’elle exécutait au pied du lit où il paressait encore. « Et là, tu la sens, la cigogne qui prend son envol, tu la vois ? » murmurait-elle dans une drôle de posture exécutée comme dans un film au ralenti. De son regard encore ensommeillé, il finissait par imaginer une silhouette de grand volatile et aujourd’hui encore, de ses yeux tristes, il perçoit une ombre chinoise dans l’espace vidé de ses gestes, rempli de son absence. L’oiseau s’est envolé dans les nuages et le monde autour de Julien, tel qu’il le contemple, n’est plus qu’un néant habillé d’objets sans âmes.
Mais quand reviendra-t-elle ?
Tiens, la voilà, elle était juste partie acheter des cigarettes.
Le cinéma qu’on se fait parfois, c’est dingue.