[extrait du discours prononcé à la présentation de l'ouvrage le 7 septembre 2009]
"En ce qui me concerne, le style d’un texte envoyé par la poste est le facteur déterminant d’une première prise d’intérêt. Je reprends ici une phrase de Flaubert : « j’estime par-dessus tout d’abord le style, et ensuite le vrai » ; puisque le vrai est subjectif, il n’aura de sens et de force que s’il est dit avec les moyens qu’il se donne. Et c’est pourquoi, sur les 200 manuscrits que l’on m’expédie chaque mois, je ne choisis que celui des livres qui se rapproche le plus de la citation susdite. Parfois, mon marché se résumera à quelques textes ; plus régulièrement à rien. Je motive mes refus et espère, si j’ose, de meilleures fournées.
Bref, me parvinrent ces Cents mots ou presque de Luc Fayard, et je pris plaisir, de conte en conte, à retenir les cent choses de la vie ; quant à l’adverbe « presque », je ne le pris pas pour un chiffre indéterminé, mais comme le complément de ce que le titre suggère au moins en filigrane ; c’est vrai, en cent mots on peut dire la vie… ou presque ! Nous avons donc devant nous comme un dictionnaire, un vade mecum de l’homme contemporain, avec ses amours, ses névroses, ses attachements, ses compagnons humains et animaux, ses mots-valises, bref ce qui se décline dans notre vie sociale et affective. Cent histoires, rarement pathétiques, le plus souvent drôles et qui ensemble, quoique de manière éclatée, tel un puzzle, dressent le portrait d’un homme d’aujourd’hui, dans une France d’aujourd’hui.
Je sais peu de choses de Luc Fayard sinon ce qu’il a bien voulu nous dire en quelques lignes lorsque nous lui avons demandé de composer une petite biographie, en vue de la fabrication de la couverture de son ouvrage.
Je suis moi-même écrivain et suis toujours en éveil devant des écritures qui ne ressemblent pas à la mienne. C’est pourquoi j’avais trouvé son manuscrit attachant. J’aime les écritures simples, directes, claires et qui savent, précisément, par ces qualités, créer un climat ; en cent historiettes, nous avons, au bout, un roman en cent chapitres. Le désordre est en vérité un ordre précis, puisqu’il répond à l’ordonnancement de l’alphabet."[...]


